Enseignants et parents haussent le ton en Seine et Marne

jeudi 12 avril 2012
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Manque d’effectifs, suppressions de classes, problèmes de remplacements récurrents... Profs, élus et parents d’élèves en ont assez. Ils l’ont fait savoir hier, à Melun.

Non, ils ne sont pas des pions. Et ils sont venus le clamer bien fort devant l’inspection académique de Melun, hier. Des enseignants soutenus par des parents d’élèves et des élus, soit 300 personnes, ont crié leur désespoir et dénoncé une fois encore l’asphyxie qui guette selon eux les écoles du département. Alors que près de 1 000 élèves supplémentaires seront scolarisés à la rentrée prochaine, 29 postes d’enseignants sont supprimés, plus 39 postes de Rased et 24 maîtres auxiliaires de zone d’éducation prioritaire (Mazep).

De Lizy-sur-Ourcq à La Ferté-sous-Jouarre en passant par Varennes-sur-Seine, ils sont venus de tout le département. Chacun avec une situation particulière qui met en lumière l’absence de professeurs pour remplacer leurs collègues . « Depuis le début de l’année, ma nièce n’a eu que des remplaçants », soupire Virginie. « Dans la classe de ma fille, sa remplaçante longue durée est souvent déplacée pour répondre à des situations d’urgence », ajoute Aude. Depuis peu, ce sont les professeurs du Rased qui haussent le ton. Pour assurer les remplacements, ils doivent abandonner leurs fonctions pour prendre une classe jusqu’à la fin de l’année.

« Nous avons déplacé les Rased qui ne sont pas spécialisés, c’est-à-dire qui exercent sans avoir ce diplôme », défend François Morin, l’inspecteur d’académie adjoint qui a rencontré une délégation de syndicalistes et d’élus. Lorsque ces problèmes s’amélioreront en fin d’année, ils devraient pouvoir retrouver leur poste. Mais le nombre de classes devrait rester le même à la rentrée, soit 6202. Selon l’inspection académique, la moyenne d’élèves par classe passera alors de 24,48 à 24,63.

« De toute façon, même si on nous donne des postes, il va nous falloir dix ans pour nous remettre de ce qui nous arrive maintenant », estime Virginie, une enseignante de Torcy.

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