rythmes scolaires : petit tour des mairies de Brie ( étape 1 : Coulommiers)

mardi 29 mars 2016
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A la suite de notre enquête sur la réforme des ryhtmes scolaires dans le Primaire au printemps 2015 autour de Coulommiers ( résultats consultables ici : http://cgteduc77.org/spip.php?article1141 ), nous avons souhaité interpeller les parlementaires mais aussi les élus locaux sur les résultats enregistrés, qui montraient un très large désaveu de la part des personnels et des parents d’élèves. Les efforts induits par la réforme reposaient en effet pour beaucoup sur les communes ou les communautés de communes, et on pouvait parler de municipalisation poussée du scolaire et surtout du périscolaire. Qu’en pensent les premiers intéressés ? Comment réagissent-ils aux témoignages des professionnels ( les personnels non enseignants étant pour les ATSEM, les personnels d’animation ou de cantine...directement employés par les municipalités) et des parents d’élèves ?

Même pour la métropole briarde, les TAP créent la déception

JPEG - 16.1 ko l’école du centre-ville Louis Robert, siège de l’inspection de circonscription qui relaie les éléments de langage hiérarchiques : le silence !

Nous avons donc commencé à aller voir les maires du territoire concerné par notre enquête, en commençant par la « grande » ville : Coulommiers. Nous avions rendez-vous mercredi 2 mars, non pas avec le député-maire, mais avec son adjointe aux affaires scolaires, Mme Mottot, et un membre de son cabinet, M. Bourchot. En leur présentant les résultats de notre enquête, nous avons pu observer que le constat d’échec et de difficultés multiples était très largement partagé. Ne serait-ce qu’au niveau financier, la ville de Coulommiers dépense plus de 45 000 euros pour les TAP, avec des subventions ( via la CAF) de l’ordre de 18 000 euros. Ces subventions ne sont pas garanties à moyen terme, c’est à dire que dans un futur assez proche la totalité de la somme pourrait être payée par la collectivité locale...La gratuité du périscolaire, qui est pour l’instant la règle à Coulommiers, y survivrait-elle ? En ce qui concerne l’organisation des TAP, nos interlocuteurs ont admis de très grandes difficultés, quand bien même la ville peut s’appuyer sur un tissu très fourni d’associations sportives ou culturelles, qui animent certaines activités du péri-scolaire. Après un roulement suivant les quartiers pour l’année scolaire 2014-2015, le conseil municipal a opté pour un jour unique de TAP pour toutes les écoles : le vendredi après-midi. Dans les 2 cas, Mme Mottot précise que le fonctionnement et les contenus ne sont pas entièrement satisfaisants, et que cela pose des difficultés infinies d’organisation, malgré la bonne volonté de tous.

Une institution moins sûre de son fait

Il est à noter que l’Inspection de Coulommiers, qui s’était montrée intraitable la première année quant à la répartition hebdomadaire des TAP, n’a aucunement protesté cette année quand Coulommiers a choisi le vendredi après-midi : cette organisation n’est plus taboue , c’est dire que l’Administration a du mettre de l’eau dans son vin et faire profil bas après, on l’imagine, des retours de terrain négatifs. En creux, c’est une première reconnaissance de l’échec de la réforme et de son application autoritaire. Concernant les apprentissages scolaires, qui sont moins de leur ressort, nos 2 interlocuteurs reconnaissaient qu’à titre personnel, ou chez des proches, on leur signalait davantage de fatigue chez les élèves, particulièrement en maternelle. Mme Mottot signale aussi que la question des rythmes scolaires, avec tous les débats induits en amont lors par exemple des conseils d’école, a entraîné une dégradation des relations et de la confiance entre la municipalité et les enseignants de Coulommiers : certains professeurs des écoles sont amères.

Que faire pour remplacer le mercredi matin ?

Nous leur demandons si la commune de Coulommiers est prête à (re)poser la question des rythmes scolaires au sein de l’Association des maires de France ( et de sa déclinaison départementale) , dont le congrès aura lieu prochainement en présence de membres du gouvernement. Ce congrès pourrait être le lieu d’interpeller la politique gouvernementale, en faisant très concrètement remonter les problèmes observés sur le terrain depuis 2 ans : notre enquête est de ce point de vue un élément à prendre en considération. L’idée n’est pas rejetée, mais nos interlocuteurs estiment ( parlent-ils d’eux-mêmes ?) que les élus locaux sont pour beaucoup résignés : ils ont lutté tant qu’ils pouvaient contre la loi avant son application ; depuis ils se sont résolu à suivre les textes ( la contestation ne serait plus d’actualité) et ne se sentent de toutes les façons pas écoutés par le gouvernement. Cet àquoibonisme, qu’on devinait chez une partie de la population, se retrouve donc aussi chez les élus politiques, y compris d’ailleurs chez des parlementaires ( et même des ministres !) critiques de la politique menée par le couple exécutif : spectacle troublant de politiques qui doutent de la politique... Nous leur avons demandé aussi quelle était leur position sur l’école le samedi matin en place du mercredi. Le rejet du mercredi matin, très massif, impose de chercher une autres solution ; pour beaucoup ce jour était une pause indispensable. A la CGT, même si nous reconnaissons que ce n’est pas une solution parfaite, nous pensons qu’à court terme il est possible et souhaitable de revenir au samedi matin ( la priorité étant d’assurer des apprentissages scolaires dans de bonnes conditions), même si à moyen et long terme de nombreuses autres solutions sont envisageables – à condition d’y mettre les moyens, en personnels, locaux ou matériels... Mme Mottot signale que lors des premières consultations, seul un petit tiers des enseignants était favorable à l’école le samedi matin ; elle ne pense donc pas que notre proposition emporte l’adhésion des professionnels. Ceci dit il serait intéressant de refaire ce sondage après la mise en place de la réforme, l’effet « mercredi » pourrait avoir fait changer d’opinion certains collègues. Enfin il a été convenu d’être reçu par M. Riester en tant que député, fonction qui lui permet de questionner et de contrôler la politique du gouvernement. Dossier à suivre...